La tortue luth, tortue de tous les records

 
    tortues relâchées des filets de pêche.

Frakata et Tumbaco, nos deux agents
du programme "relâcher"

A gauche, Jean-Félix Tchibinda, dit "Frakata" (le séisme en langue vilie), er à droite, Philippe Bienvenu Safou Fouti, plus connu sous le sobriquet de "Tumbaco" (une marque de cigarette du Congo Démocratique, même s'il ne fume pas). Ces experts de la pêche en mer, originaires de villages côtiers, sont les deux agents de Rénatura chargés de libérer les tortues capturées accidentellement dans les filets de pêche artisanale. Fort de leur connaissance des différentes techniques de réparation des filets, ils peuvent estimer la quantité exacte de matériel nécessaire à la réparation d'un accroc provoqué par la libération d'une tortue marine. La sagesse et l'honnêteté de Frakata, complètent bien le dynamisme (ou l'hyper-activité?) et le "bagout" de Tumbaco. Leur faculté d'adaptation et leur sympathie leur permettent d'être bien accepté par les pêcheurs locaux et de réaliser un travail admirable.

Tumbaco aux côtés de  Jean-Didier, un pêcheur du village côtier de Matombi, qui l'a appelé pour libérer une tortue luth (Dermochelys coriacea). Quelques habitants sont venus également assister au retour à la mer de l'animal.

Les pêcheurs aiment participer aux différentes prises de données sur les tortues avant leur remise à l'eau.

 

Les tortues nidifiantes au Congo : la tortue luth et la tortue olivâtre

Les traces de tortues luths ne peuvent être confondues avec celles d'autres espèces. Elles peuvent en effet atteindre des largeurs de près de 2 m. L'empreinte du nid, quand à elle, peut mesurer plus de 3 m de diamètre. Ici, les agents d'étude et de sauvegarde des pontes apprennent à relever les différentes données relatives au nid.

Une ponte de tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea) peut être consituée de 150 ou 200 oeufs. Toutefois, les jeunes tortues marines étant exposées à de nombreuses menaces, un seul ou deux petits issus de cette ponte deviendront adultes et se reproduiront à leur tour.

La prédation humaine sur les tortues marines au Congo

Parfois, une tortue est tuée pendant sa ponte par une personne qui l'a rencontrée par hasard en passant par la plage (la plage est un lieu de passage très fréquenté, souvent le meilleur chemin pour se rendre d'un point à un autre à proximité du littoral). S'il n'est pas équipé d'une machette, il pourra utiliser un gourdin pour lui fracasser la tête.

Au Congo, les tortues marines ne sont pas chassées spécifiquement pour l'utilisation de leur carapace. Généralement, les artistes récupèrent les dossières dans les poubelles des marchés locaux.