La tortue luth, tortue de tous les records

 
    tortues relâchées des filets de pêche.

Newsletter postée le 30 octobre 2007

Premières pontes : les 21 agents Rénatura sont fin prêts pour les accueillir

Cette année, vingt et une personnes ont été recrutées. La plupart des agents ont déjà participé au programme les années précédentes.

Trois jours de formation théorique

Pour l’association Rénatura, la saison de ponte des tortues marines au Congo a débuté le 24 septembre dernier. Après une formation théorique de trois jours (sur l'écologie générale, les menaces, l'intérêt de protéger les tortues marines, leur biologie), les équipes ont été mises en place sur le terrain.

Formation théorique dispensée par Nathalie Bréheret, coordinatrice du projet, Karine N’Damité, étudiante en doctorat et aidant à la coordination (toutes deux debouts au fond sur la photo) et Gaëlle Bal, coordinatrice, aux agents Rénatura. Sont présents sur la photo : Anselme Taty, Romuald Mboumba, Cyrille Makaya, Jean Claude Bissamou, Wylliam Malemba et Vincent Tchimboungou Nzingi

(Cliché : G. Bal)

De nombreux échouages inexpliqués de tortues mortes

Cette année, le suivi des trois sites d’étude exhaustive des pontes, Djeno, Bellelo et Tchissaou est maintenu, ainsi que l’étude estimative des pontes sur trois autres sites, Fouta/Frontière Cabinda, Pointe-Noire/Mvassa et Bas Kouilou /Holl Moni, sur le même principe que la saison précédente.

L’équipe de Bellelo : François Tchibouela Louboungou, Jean Claude Bissamou, Romuald Mboumba, Cyrille Makaya et Richard Mavoungou (au sol) accompagnés du logisticien de l’association, Gabriel Mavoungou (à droite). Leur formation de terrain a été dispensée par Karine N’Damité.  

(Cliché : K. N'Damite)

Nous sommes fin octobre et les pontes de tortues marines ont à peine débuté. Sur l’ensemble des sites d’étude exhaustive, seuls deux nids ont été enregistrés au cours de ce premier mois de travail (sur le site de Djeno). Néanmoins, comme chaque début de saison depuis quatre ans, de nombreux échouages de tortues olivâtres entières ont été observés sur les plages suivies. Déjà 54 individus décomposés ont été comptabilisés. Les causes de cette mortalité restent inexpliquées et le phénomène ne montre pour l’heure pas de signe de déclin.

Deux agents du site de Tchissaou, Christophel Bouity et Léon N’Kouanga en formation de terrain avec Nathalie Bréheret.

(Cliché : K. N'Damite)

Tortue olivâtre échouée sur la plage sans signe distinct de la cause de mortalité

(Cliché : K. N'Damite)

12 jours d’éducation environnementale par mois

Les programmes d’éducation à l’environnement dans les écoles et de sensibilisation du grand public ont repris à grande vitesse. L’exposition ambulante de panneaux pédagogiques sur les tortues marines a été présentée dans plusieurs villages côtiers et dès la rentrée scolaire, le 8 octobre dernier, les sessions éducatives ont débuté dans les écoles.

Un partenariat mis en place entre Rénatura et l’Agence Régionale de l’Environnement de Haute-Normandie (AREHN) a permis de développer le programme en traitant d’un autre sujet écologique : la sauvegarde de la mangrove de Pointe-Noire, écosystème gravement menacé par les coupes de bois et la pollution urbaine. Ainsi, ce sont désormais 12 jours par mois qui sont consacrés à l’éducation environnementale et la sensibilisation du grand public.

Pêcheur du village de Bas Kouilou parcourant les panneaux pédagogiques sur les tortues marines.

(Cliché : Rénatura)

Une mangrove « intacte », ne subissant pas une pression humaine excessive.

(Cliché : R. De Boer)

Forfait bobine en attendant mieux pour le programme « relâcher »

Le programme annuel de suivi des captures accidentelles dans les filets de pêche artisanale se poursuit bon gré mal gré. Une aide financière d’urgence provenant de la Marine Conservation Society  et de Mag Industrie a permis de débloquer partiellement la situation et de reprendre les libérations. Toutefois, les fonds sont encore insuffisants et ne permettent pas de dédommager intégralement les pêcheurs, Rénatura propose donc une compensation forfaitaire aux pêcheurs qui souhaitent libérer les tortues attrapées : 5 bobines de fil pour les tortues luths et 2 bobines pour les tortues à écailles, plus petites. Une partie des pêcheurs acceptent temporairement ce compromis, d’autres continuent de vendre la viande de tortue aux commerçants, préférant attendre le moment où l’ensemble du matériel nécessaire à la réparation du filet endommagé par la tortue pourra être fourni.

Tortue verte non libérée. L’animal meurt quand on lui retire son plastron.

(Cliché : Rénatura)

Nouveauté 2007 : la promotion de l’artisanat

La grande nouveauté de la saison est le programme de promotion de l’artisanat mis en place dans les villages. Il consiste à former des personnes à des productions artisanales, de fournir les matériaux de départ, de chercher la filière commerciale puis de suivre l’évolution des activités jusqu’à ce que les personnes recrutées soient indépendantes. L’objectif de ce projet est d’apporter un revenu supplémentaire à des familles afin de lutter contre la pauvreté et limiter ainsi l’exploitation abusive des ressources naturelles.

Ce programme a été initié dans le village de la Pointe Indienne. Après avoir été elle-même formée aux différentes techniques de réalisation de bijoux, figurines et objets décoratifs divers en perles de rocaille, Martine Mbombi a mobilisé deux jeunes femmes du village, Maggie et Francine, afin de leur transmettre son savoir. Les objets créés seront exposés et mis en vente à la Pointe Indienne, village très touristique, mais aussi à Pointe-Noire sur différents marchés d’artisanat, dans les hôtels, etc. Cette initiative connaît déjà un franc succès : dès la formation, les premières réalisations, parfois imparfaites et non destinées à être commercialisées, ont séduit et trouvé spontanément des acquéreurs. En outre, les idées fusent et plusieurs habitants du village de la Pointe Indienne ont suggéré de nouvelles créations qu’ils s’engagent à acheter. Il apparaît déjà que la pérennité de l’activité sera étroitement liée à la créativité des artisans...

Le développement d’autres activités est prévu dans d’autres villages, comme la transformation des produits issus de l’agriculture locale. Projet à suivre…

Formation de Martine Mbombi, responsable du programme de promotion de l’artisanat dans les villages, par Gaëlle Bal.

(Cliché : K. N'Damite)

Formation de Maggie et Francine, deux habitantes de la Pointe Indienne, par Martine Mbombi

(Cliché : Rénatura)

L’association a connu plusieurs coups durs lors de ce dernier mois dont le principal a été la visite des locaux par un cambrioleur. L’individu, visiblement dérangé par le retour imprévu mais salutaire de Gaëlle Bal, n’a pu emporter “que” l’ordinateur portable de Rénatura et celui de Karine N’Damité. La dernière sauvegarde remontant à quelques semaines auparavant, peu de travaux, données et photos ont disparu. Par contre, les coordinations du projet et de la thèse se sont considérablement compliquées. En effet, un seul ordinateur de bureau restant à la disposition de nos trois responsables, les cybercafés de Pointe-Noire sont devenus des bureaux d’accueil quotidiens.

Niamu, le journal des agents déjà disponible en ligne

Le premier “Niamu” de la saison, le bulletin d'information mensuel de Rénatura Congo, qui présente entre autres tous les acteurs du projet et leur fonction, est également disponible au format PDF sur le site.

Newsletters précédentes

Newsletter n°4 postée le 20 juillet 2007 : Bain de sang à la Pointe Indienne

Newsletter n°3 postée le 15 juin 2007 : Course de voilier à Pointe-Noire, une paillote Rénatura sur le village d'arrivée

Newsletter n°2 postée le 9 février 2007, trop de tortue luth dans les filets, budget en danger !

Newsletter n°1 postée le 27 novembre 2006 : "Une installation mouvementée sur le terrain,
Bellelo sauvée des eaux"