 
Newsletter postée le 27 novembre 2006
Une installation mouvementée sur le terrain
Bellelo... sauvé des eaux
Cette année, un campement supplémentaire est installé à Tchissaou, à 50 km au nord de Pointe-Noire, en plus des deux campements habituels à Djéno (à 20 km au sud de Pointe-Noire) et à Bellelo (à 70 km au Nord de Pointe-Noire). Des patrouilles quotidiennes sont donc désormais réalisées sur trente kilomètres de plage.
L'installation des campements de terrain, qui constitue toujours une période de travail intense, a été compliquée par des marées et des vagues d'une ampleur inhabituelle...
Le camp sous des vagues énormes !

Sur le site de Bellelo, à 70 km au nord de Pointe-Noire, quelle est la surprise des équipes lorsqu'elles découvrent que les vagues, qui d'ordinaire s'arrêtent à plusieurs mètres du camp, sont venues s'échouer jusque sous la grande tente ! Heureusement aucun dégât n'est à déplorer, et les équipes décident de préparer le repas sans se formaliser.
Mais soudain, une vague d'une force incroyable traverse le camp et va se jeter dans la rivière qui coule en arrrière de la plage. Tentes, matelas-mousse, tables, chaises, bidons, tout est emporté, ainsi qu'une bonne partie du matériel d'étude. Chacun court pour tenter de récuperer les affaires qui flottent ci et là. Et d'autres vagues de moindre importance suivent, ce qui empêche la réinstallation, même temporaire, du campement. Les agents de terrain ont alors la bonne idée de construire des digues autour du campement pour détourner les vagues. Et cela fonctionne !
Encouragés par ce succès, des rondins de bois échoués sur la plage sont transportés pour renforcer les digues. Des troncs de plus en plus gros... à dix, ils vont jusqu'à transporter un arbre - dernière prouesse qui épuise littéralement les plus résistants.
Gâce à ces efforts, la digue prend tournure et détourne l'eau au délà du camp.
Alors que la digue est achevée et que tout le monde se détend, une vague, plus grosse que toutes les précédentes, vient de nouveau tout emporter, même la digue et le tronc de bois énorme mis en place par les dix gaillards !
Repli sur le dancing

Inutile de vouloir lutter contre plus fort que soi !
Chacun s'empare de ses affaires et le matériel est stocké à l'abri, en hauteur et sur le toit de la paillote. L'équipe choisit de se réfugier au village de Bellelo, à 3 km de là.
Les pêcheurs de la côte ont opté pour la même solution et tout ce petit monde se répartit dans le village qui a rarement connu pareil affluence. Certains sont hébergés dans les familles de quelque collègue, d'autres, installent leurs tentes et leurs matelas sauvés des eaux, plus ou moins secs, sous la toiture du bar-dancing du village. Par chance, le dancing ne fonctionne que les week-ends !
Le lendemain, l'équipe retourne sur le site afin d'évaluer les dégâts. Fort heureusement, beaucoup de choses ont pu être récupérées dans la rivière. Les pertes concernent principalement le matériel de cuisine, les fiches de travail, et la nourriture gâtée par l'eau salée.
Une fois les affaires séchées, et après avoir attendu pendant deux jours que la mer se calme, les activités reprennent. La première étape consiste à refaire le balisage, qui a été emporté par les vagues.
Sur les autres sites, les dégâts ont été moins importants : à Tchissaou, près de l'embouchure du fleuve Kouilou, la paillote a plié sous l'impact des troncs jetés par la mer sur la structure en bois du campement.
Elle est néanmoins rapidement redressée par les agents.
Par chance, l'équipe de Tchissaou était en formation sur le site de Bellelo lorsque les vagues ont déferlé, il n'y avait donc aucun matériel dans ce nouveau campement.
Sur le site Djeno, au sud de Pointe-Noire, la mer a été forte mais aucune vague n'a atteint le camp.
Les « vieux sages » des villages vous dirons que ce genre de marée n'arrive à peu près qu'une fois tous les dix ans, et principalement au mois d'août... et il a fallu que ça arrive au moment critique de la construction des campements et de la formation des écogardes !
Des pertes humaines chez les pêcheurs
Ce sont les pêcheurs en mer qui ont eu le plus à souffrir de ce mini ras de marée. Nombreux sont ceux qui ont été surpris par les vagues alors qu'ils étaient loin des côtes et qui se sont noyés. Les équipes ont ainsi fait la macabre découverte d'un corps sans vie à 200 mètres du campement de Bellelo. Durant ces quelques jours, Frakata, un des agents en charge du relâcher des tortues capturées accidentellement dans les filets de pêche, nous a rapporté avoir compté 9 corps autour de sa pirogue alors qu'il libérait une tortue en mer.
Trois jours plus tard, des pêcheurs ont tenté de retourner sur la mer encore agitée. Nombre d'entre eux ont vu leur pirogue se retourner dès les premiers rouleaux, nous avons même craint plusieurs fois pour la vie de certains, emportés toujours plus loin au large malgré leurs efforts pour regagner la berge à la nage. Heureusement, sur notre zone de travail, aucun accident mortel n'est à signaler. Quant à ceux qui ont pu naviguer pour aller chercher leurs filets, il sont revenus désenchantés, qui avec ses filets disparus, qui avec ses filets ne ressemblant plus qu'à un sac de noeuds. Et la plus grande part des poissons capturés a été retrouvée en état de décomposition en raison du temps passé dans le filet.
Malgré ce coup du sort, nous n'avons donc pas à nous plaindre. Le dégâts pour Rénatura ne sont que matériels. De surcroit, après tout ce remue-ménage, nous n'avons eu à déplorer qu'une seule démission d'une nouvelle recrue ! Ce qui prouve la motivation et la résistance de nos agents face à l'adversité ! |